L'IMPACT DE L'INDUSTRIE DE LA MODE

L'IMPACT DE L'INDUSTRIE DE LA MODE
Le monde dans lequel nous vivons nous permet de consommer à 100% éthique : en achetant nos aliments auprès du producteur local, en recyclant l’intégralité de nos déchets voire même en optant pour un mode de vie "Zéro Déchet", en nous déplaçant à vélo ou en véhicule électrique, en nous maquillant avec des cosmétiques cruelty-free ou encore en nous habillant avec des marques éthiques. Mais avons-nous vraiment la volonté de consommer mieux et d’être plus responsable ?

 

L'impact de l'industrie de la mode

Une industrie très polluante

Il est important de souligner que l’industrie du textile est à ce jour reconnue comme la seconde industrie la plus polluante au Monde, derrière celle du pétrole.

L’industrie du cuir par exemple, est effectivement l’une des plus polluantes au monde. Les cuirs provenant notamment de Chine et d’Inde sont particulièrement chargés en produits chimiques : sels minéraux, formaldéhyde, dérivés de goudron, colorants à base de cyanure voire d’autres substances dangereuses. Au-delà du fait que les eaux usées des tanneries sont souvent reversées dans les rivières et contaminent donc l’environnement, ce sont aussi des milliers de personnes qui sont exposées au chrome et qui meurent avant 50 ans, selon un rapport de la PETA.

Travailleurs Fast Fashion Asie

 

Des conditions de travail déplorables

Nous faisons tous preuve d’une grande ouverture d’esprit au sujet des animaux, de leur bien-être, et cela est légitime. Mais pourquoi décidons-nous de fermer les yeux sur les conditions de travail des ouvriers de l’industrie textile ?

Les consommateurs sont pourtant informés sur les conditions de fabrication de leurs vêtements, en effet les étiquettes en disent long sur celles-ci, étiquettes que nous regardons bien trop tard. Une américaine, habitante de l’Arizona, a notamment retrouvé dans son sac à main récemment acheté un SOS écrit en chinois. Un SOS écrit par un prisonnier chinois en charge de la confection du sac qui décrit les 14 heures de travail quotidien imposées aux détenus : un rythme insoutenable qu’ils doivent subir sans pause ni repas. Leurs journées de travail peuvent même parfois s’étendre jusqu’à minuit et si les objectifs fixés ne sont pas atteints, ils sont alors battus.

De plus en plus de reportages dévoilent aussi la réalité des conditions de travail dans les ateliers de confection en Inde, au Bangladesh… Pourtant bien informés de la réalité, les consommateurs continuent de participer à la Fast Fashion.

 

Une industrie où gaspillage ne rime pas avec recyclage

La société nous impose l’innovation : 80 milliards de vêtements sont fabriqués chaque année, la Fast Fashion produit toujours plus, avec un rythme toujours plus effréné, pour un prix toujours moins cher, pour une pression toujours plus importante sur les sous-traitants. La preuve, nous achetons deux fois plus de vêtements qu’il y a 20 ans. Pourtant, nous n’avons pas plus besoin de nous vêtir que nos grands-mères.

Chaque année, en France, nous achetons 700.000 tonnes de textile. Moins d’1/4 de nos vêtements seront recyclés. L’industrie du textile est donc une catastrophe environnementale.

Production de jeans éthique

Prenons l’exemple d’un jean :
  • Les matières premières : Pour un jean, la fabrication nécessite 1 kilo de coton, soit 20 000 litres d’eau pour sa culture, ainsi que 2 kg d’engrais chimiques et 75g de pesticides
  • La transformation des matières : Le traitement et la teinture du jean seront effectués avec des colorants azoïques et des composés perfluorés, dangereux pour l’environnement et extrêmement corrosifs. De même, le sablage du jean pour le vieillir, à base de silice, provoque de nombreuses maladies.
  • Le transport : Entre le coton cultivé en Ouzbékistan, filé en Turquie, teint en Chine, le tout assemblé au Vietnam, notre jean aura parcouru plus de 65000 kilomètres, soit 1 fois ½ le tour de la Terre avant d’arriver dans nos placards. Notre jean voyagera alors dans des navires polluants et pollués : un seul navire peut fabriquer plus d’émissions en un an que plusieurs îles réunies.
  • Le lavage : En France, pour laver un seul et unique jean, on utilise en moyenne 619 litres d’eau au cours de la vie de ce jean. Les américains, eux, utilisent 1049 litres d’eau. On lave nos jeans environ toutes les 2,5 fois après l’avoir porté, alors que toutes les 10 fois suffirait amplement et réduirait notre consommation de 75%.
  • Les déchets : Et enfin, la phase des déchets. Un jean n’est pas en fin de vie mais il est troué, trop vieux, trop petit, plus tendance, alors il finira dans une poubelle. Il ne sera jamais recyclé.
Si l’on résume, c’est donc à chaque étape qu’il y a un véritable impact sur l’environnement.

Source : Le Bleu Jean est-il vert ? 

Transport par navire

Mais alors, consommer mieux, consommer bien, comment ça se passe ?

 
Nous devons arrêter de fermer les yeux, et ne pas nous fier aux idées reçues. S’inscrire dans une démarche éthique ne coûte pas forcément plus cher. Avant d’affirmer qu’un article est cher, il faut en comprendre sa confection et se poser les bonnes questions quant aux valeurs que l’on souhaite prôner haut et fort. Des amies me disent « des chaussures à 150€ c’est trop cher, même si elles sont Made in Portugal » en arborant fièrement une paire de Nike à 150€ confectionnées en Chine ! Ironie du sort… Alors effectivement, la notion de « consommer moins mais mieux » prend tout son sens. Consommer moins c’est :
  • Réduire ses placards et donc porter l’intégralité des vêtements que nous achetons (puisque c’est tout de même dommage de jeter l’argent par les fenêtres)
  • Etre fiers de ses achats et pouvoir prôner nos valeurs haut et fort
  • Savoir réellement qui a confectionné nos vêtements, dans quelles conditions, et pouvoir se dire que notre achat a réellement contribué au développement d’une famille et que chaque acteur est heureux !
  • Respecter l’environnement dans lequel nous vivons : avec moins de transport, et moins de déchets !

Vêtements éthiques

Les Perspectives pour la Mode éthique 

La consommation responsable continue sans cesse de progresser et une vraie prise de conscience commence à naître chez les consommateurs. Aujourd'hui, les français veulent être guidés et accompagnés dans leur démarche éthique. 

En 2016, 51% des français souhaitent consommer autrement, à base de produits éco-labellisés ou certifiés éthiques (selon l'étude Ethicity - Greenflex 2016 "Les Français et la consommation responsable"), quel que soit le produit. Les consommateurs sont en quête d'une véritable belle histoire pour donner du sens à leur consommation. 

55% des français veulent désormais connaître l'origine des matières premières et 53% souhaitent en savoir plus sur le lieu de fabrication. La pollution et la bio-diversité sont au coeur des inquiétudes des français, de plus en plus soucieux de leur impact sur l'environnement. 

Et le secteur de l'industrie textile ne cesse d'innover pour répondre à la demande des consommateurs, sur l'aspect du développement durable et du recyclage de nos vêtements. Ananas, eucalyptus ou encore champignons, il existe désormais de nombreuses alternatives au coton et au cuir. Le Pinatex, désormais utilisé pour la confection de sacs ou de chaussures en est un bon exemple. De même, une nouvelle fibre écologique nommée EcoVero, l'équivalent d'une viscose sans impact sur l'environnement, verra bientôt le jour.

 

« Sois le changement que tu veux voir dans le Monde » disait Gandhi.  Alors, à notre petite échelle, avec nos âmes d'entrepreneurs ou bien même avec notre statut de consommateurs, c'est à nous d'entreprendre pour changer les choses ! 

Anthony & Marie