DANS L'UNIVERS D'ARLETTE & PAULETTE

DANS L'UNIVERS D'ARLETTE & PAULETTE

Bien plus qu'une simple créatrice, Capucine est une artiste complète. En plus de dessiner des pièces originales et pétillantes, Capucine réalise aussi de superbes aquarelles (que vous avez découvert dans vos colis du printemps et de l'été) qui retranscrivent son univers à la perfection. Arlette et Paulette, c'est une vraie belle histoire, une passion pour la couture, la broderie et les belles matières, qui se transmet de génération en génération. Une histoire qui nous touche et un duo de soeurs qu'on adore !


Capucine Roy, créatrice d'Arlette et Paulette

 

Rencontre avec Capucine Roy

L'aventure Arlette et Paulette : une histoire de famille

 

Quel a été le déclic pour lancer ta marque, Arlette et Paulette ? 

Je suis rentrée à ESMOD où j'ai fait deux ans de stylisme et modélisme femme, et ensuite, je me suis spécialisée dans les vêtements pour enfants car je trouvais que le prêt-à-porter des enfants était trop souvent cliché. J'en avais marre de voir tous les enfants habillés de la même façon, toujours avec du liberty ou encore de voir des petites filles de 4 ans habillées comme leur soeur de 16 ans. Selon moi, les enfants étaient un peu délaissés. C'est pour cela que j'ai souhaité lancer Arlette et Paulette : pour changer l'image des vêtements pour enfants ! J'ai lancé ce projet tout de suite après mon école. 

Pourquoi avoir choisi ce nom de marque ? 

Arlette est ma grand-mère et Paulette est ma grande-tante. Toutes les deux, elles m'ont donné envie de coudre, elles m'ont toujours expliqué comment coudre, comment broder...

Arlette et Paulette, nouvelle collection
 
Aujourd'hui, tu travailles avec ta soeur, toutes deux inspirées par votre grand-mère et sa propre soeur. Quelles sont les valeurs qu'elles vous ont transmises et comment ont-elles rythmé la création du beau projet Arlette et Paulette ?
 
Ma grand-mère m'a transmis le goût des matières. Tous les vêtements partent d'une matière. On privilégie surtout la matière, une matière qui soit confortable, esthétique, avec un joli tombé et qui tiennent sur le temps. 

Travailler en famille, ce n'est pas évident tous les jours. Comment tu parviens à t'organiser avec Justine ? 


Justine s'occupe surtout de toute la commercialisation et de la comptabilité car je ne suis pas très douée dans les chiffres (Rires) ! Justine va démarcher des boutiques, envoyer les lookbooks. Vendre ses propres vêtements, ce n'est pas évident. Je trouve qu'il est difficile de valoriser un produit qu'on a imaginé, qu'on a dessiné. C'est pour cela que Justine intervient sur cette partie. Moi je suis plutôt sur la partie création. Je dessine les vêtements, je fais les prototypes et les patronages. Je commande les tissus, je suis la production des vêtements et je m'occupe également du site. 

Collection d'été Arlette et Paulette

De la mode enfantine à la mode féminine

Qu'est-ce qui t'a donné envie de proposer une mode pour les femmes alors que tes collections pour enfants ont été un réel succès ? 

Pendant deux ans j'ai vendu des vêtements pour enfants. Mais mes clientes voulaient aussi pouvoir porter les vêtements Arlette et Paulette, pour elles. C'est pour cela que je me suis lancée sur ce segment. Et finalement, je me sens bien plus à l'aise dans le prêt-à-porter féminin parce que je peux porter mes vêtements, c'est aussi plus facile à vendre. Pour l'enfant, ce qui est compliqué c'est qu'il faut convaincre à la fois les enfants mais aussi les parents.   

Machine à coudre

Le choix d'une fabrication française au sein d'un ESAT

Qu'est-ce qui a animé le choix d'une fabrication française et artisanale ? 

Ca me tient à coeur de pouvoir suivre le produit de A à Z. On fait presque tout nous-mêmes. Le but c'était qu'il n'y ait aucune "cachotterie" pour le client. Je vais tous les jours voir mes façonniers, je vais voir où en est ma production, le but c'est d'être clair avec tout le monde et même avec soi-même. J'en ai marre de voir du "Made in China", le but c'est de valoriser l'artisanat français et non pas du Bangladesh ou autre. 

Comment choisis-tu tes ateliers de confection ? En fonction de tes valeurs ou plus pour des raisons pratiques avant tout ? 

J'ai commencé à travailler avec un ESAT, ce sont des femmes en réinsertion par le travail qui s'occupent de ma production, à Bastille, à Paris. Pour la collection d'hiver, je travaille toujours avec l'ESAT, mais ayant augmenté ma production, je fais désormais faire la moitié de ma production dans un autre petit atelier, à République. A l'ESAT, la production prend toujours plus de temps, c'est pourquoi, je ne peux pas leur confier toute ma production, ce serait trop de travail pour elles. Mais ça me tient vraiment à coeur. Arlette et Paulette c'est toute une histoire. Tout a une histoire : le nom de la marque, le fait que je travaille avec ma soeur, et le but c'est qu'il y ait une histoire pour tout. C'est pour cela que l'ESAT, c'était une évidence. Je voulais vraiment trouver un atelier dans Paris pour pouvoir y accéder facilement. Je voulais aussi un atelier de qualité, et c'est vraiment un atelier qui travaille très bien. Je connaissais déjà ce façonnier avant de lancer ma production, j'ai confiance en lui, c'est quelqu'un qui me donne aussi beaucoup de conseils. Je suis tout de même jeune, donc lorsque je fais des petites erreurs, il me remet dans le droit chemin. J'avais besoin d'un atelier qui soit force de proposition. 

Arlette et Paulette, marque Made in France

Justement quel âge as-tu ? Est-ce que tu t'es sentie bien accompagnée dans ton projet dès le départ ou au contraire très seule dans les difficultés que tu peux rencontrer ?

J'ai 25 ans. J'ai commencé à monter ma marque à l'école, j'avais 22 ans. Je me suis lancée comme ça, en avançant pas à pas, il y avait plein de choses que je ne savais pas faire et finalement, j'ai appris sur le tas. Etre jeune, ça a des avantages comme des inconvénients. On ne nous fait pas confiance facilement mais en même temps, on a aussi envie de nous aider, de nous materner. La plupart des gens trouvent ça fou de se lancer aussi tôt ! 


Des collections enfants, une nouvelle collection féminine prévue pour la rentrée... Quels sont tes projets pour la suite ? 

Je crée actuellement un prototype unisexe parce que la gente masculine me demande de faire des vêtements pour les hommes. Je suis donc en train de créer une veste, que les femmes pourraient aussi porter. Le but c'est aussi de vendre Arlette et Paulette dans d'autres pays, pourquoi pas au Japon ;) Affaire à suivre.. 

Un grand merci à Capucine d'avoir partagé avec nous cette belle histoire familiale aux jolies valeurs ! 

 

Retrouvez l'interview en vidéo :

 

 

Marie