4 IDEES RECUES SUR LA FAST FASHION

4 IDEES RECUES SUR LA FAST FASHION

Depuis l'ouverture de l'échoppe en Octobre dernier, j'échange de plus en plus avec vous toutes qui passaient nous voir régulièrement, et c'est un vrai plaisir ! Pouvoir discuter avec vous de la mode éthique, de nos valeurs, de nos créatrices était réellement un objectif majeur en ouvrant cette échoppe. C'est aussi intéressant d'avoir votre point de vue et votre vision de la mode actuelle. Certaines d'entre vous sont très au fait de l'actualité de la mode responsable. En revanche, il y a parfois quelques idées reçues qui persistent pour d'autres. Ainsi, j'ai réalisé qu'il pouvait être intéressant de faire un point sur l'ensemble des idées reçues à propos de la Fast Fashion.  

Fast Fashion : les idées reçues

1) Certains produits sont quand même fabriqués en Europe 

Nous avions écrit un article complet et détaillé à ce sujet il y a quelques mois, les étiquettes ne sont pas toujours fiables. En effet, seule la dernière transformation substantielle du produit est prise en compte pour définir la provenance des produits; ce qui ne vous garantit pas de consommer du Made in Europe à 100%, même si cela est écrit sur votre étiquette. Pour vous expliquer davantage, un vêtement peut-être entièrement cousu en Chine, puis transporté vers l'Espagne pour subir une ultime transformation (par exemple, la couture des étiquettes, la couture des boutons...). Ce dernier sera estampillé "Made in Spain". Cela peut paraître comme un mythe dans le secteur du textile puisqu'effectivement cette pratique ne semble pas réelle. Et pourtant... 

Une grande partie de ma famille vit au Portugal. Parmi mes cousines, l'une d'entre elles travaille dans une usine qui compte parmi ses clients une grande marque espagnole de Fast Fashion. Son travail consiste à ajouter les étiquettes "Made in Portugal" et à empaqueter tous les vêtements de cette marque pour ensuite les expédier vers les points de vente. Elle peut ainsi témoigner que ces vêtements arrivent tout droit d'Asie où ils ont été confectionnés dans leur intégralité. Pourtant, en magasin, vous croirez, en regardant l'étiquette, qu'ils ont été fabriqués au Portugal, à quelques kilomètres seulement de chez vous. 

En définitive, soyez prudent(e)s avant d'affirmer qu'un vêtement issu de la Fast Fashion a tout de même été confectionné en Europe. 

Fast Fashion : vers plus d'éthique ?

2) Leurs soldes sont toujours plus intéressants que chez les petits créateurs

On en revient toujours à la question de prix juste... Les marges pratiquées par la Fast Fashion sont disproportionnées et considérables, allant parfois jusqu'à 20. Un tee-shirt que vous achetez 20€ en magasin n'aura coûté qu'1€ à la marque pour le faire produire. Une poussière dans un océan. Alors, effectivement, lorsque cette même marque propose ces produits en soldes, leur marge de manoeuvre est bien plus importante sur les prix. Ainsi, en raisonnant uniquement sur les tarifs, je vous l'accorde, leurs soldes sont plus intéressants. En revanche, encore faut-il que la qualité soit assurée. 

Vous ne le savez peut-être pas mais une nouvelle pratique est récemment apparue dans le secteur du textile. Cette dernière consiste à produire des vêtements de moins bonne qualité pour les proposer en soldes. Ce sont exactement les mêmes modèles, les mêmes couleurs de vêtements qui sont proposés au sein de la collection actuelle, et pourtant, la qualité est bien moindre. De votre côté, vous avez l'impression de faire une super bonne affaire. En réalité, la marque margera exactement de la même façon et votre vêtement ne fera pas long feu ! 

Prudence avec les soldes donc ;)

Idées reçues sur la Fast Fashion

3) Les grandes marques ont pris conscience de leur impact et proposent maintenant des alternatives 

Depuis de nombreuses années, nous voyons les collections "Green", plus éco-responsables se multiplier au sein des grandes marques de Fast Fashion. Mais est-ce vraiment des collections plus durables ? 

Pour me faire une idée, je me suis rendue sur le site de H&M afin d'analyser leur collection Conscious. H&M a toujours eu une bonne politique en recherche et développement et ainsi, l'entreprise vise à se concentrer sur des matières plus naturelles via cette collection. Ainsi, on y retrouve des pièces en coton bio ou encore en lyocell qui est actuellement la meilleure alternative au coton. Le lyocell est une fibre produite à partir de pulpe de bois et il s'agit d'une matière biodégradable. De ce fait, je trouve que le concept est super car il permet vraiment de tester de nouvelles matières qui sont encore peu utilisées dans le secteur dû aux importants coûts de recherche et développement que cela implique. H&M est donc un vrai précurseur sur ce point. En revanche, au sein de la sélection Conscious, on retrouve aussi des pièces comme ce legging de sport qui est en polyester mais seulement partiellement recyclé ou encore ce débardeur qui s'est visiblement perdu et a atterri par hasard au sein de la sélection Conscious puisqu'il n'est ni en lyocell ni en coton bio mais bien dans un mélange de Polyester / Coton / Viscose. 

Evidemment, il est inutile de préciser qu'aucune fiche produit ne comporte le lieu de fabrication. Ainsi, je trouve la démarche honorable mais je suis réellement déçue que la démarche ne soit pas plus globale et n'aille pas vraiment jusqu'au bout. 

Produire en Asie ?

4) Produire en Asie n'est pas forcément un problème, les grandes marques imposent des chartes pour faire respecter le droit du travail 

Je crois que cette idée reçue est la plus répandue car je l'entends très souvent, aussi bien des grandes marques qui se défendent ainsi mais aussi de la part des consommateurs qui semblent avoir été un peu dupé sur ce sujet ! Attention, je pense sincèrement qu'il y a de très bons ateliers en Asie, qui respectent à la lettre des conditions de travail décentes pour leurs salariés et qui ont un vrai savoir-faire. Je ne mets pas tout le monde dans le même sac, soyez-en sûr(e)s ! Le plus difficile c'est de s'assurer que votre production est bien réalisée au sein de l'atelier que vous avez sélectionné. En effet, la sous-traitance est plus que courante dans l'industrie du textile et ainsi, certaines marques pensent avoir sélectionné un bon atelier de confection et pourtant, ce dernier confiera sa production à un autre atelier. 
Par conséquent, les grandes marques peuvent imposer des chartes à respecter, si l'usine sous-traite la production qui lui est confiée, cela n'a plus de sens. 
Ainsi, ce qui pose problème avec le fait de faire produire à l'autre bout du monde, c'est tout simplement l'absence de suivi, de contrôle de votre production. Comme nous l'expliquait Capucine, créatrice d'Arlette et Paulette, dans son interview pour LABL, le fait de faire produire ses vêtements à Paris lui permet de se rendre tous les jours chez ses façonniers, de participer activement à sa production et ainsi, d'être transparente avec ses clientes ! 

 

Vous pouvez maintenant vous tourner vers des marques qui correspondent à vos valeurs ;) 

Marie